De la montée des périls à la défaite


Dès le 1er septembre 1939 éclate une guerre totale qui deviendra mondiale. Cette guerre, qui fera des millions de victimes tant militaires que civiles, marque un tournant décisif dans l'histoire de l'humanité. Ce conflit est la Seconde Guerre mondiale.
L'Allemagne nazie annexe les Sudètes en 1938 et impose un protectorat sur la Bohême en 1939. Elle s'empare ensuite du "corridor de Dantzig" qui lui a été arraché en 1919 lors du Traité de Versailles et qui isolait une enclave orientale du pays.
Hitler a compté avec justesse sur la passivité de la France et de l'Angleterre : le courant pacifiste dispose de trop d'influence, la France et l'Angleterre sont encore très marquées par la 1ère Guerre mondiale. En France, Marcel Déat, socialiste, écrit un article intitulé "Faut-il mourir pour Dantzig ?" où il conclut que l'enjeu ne vaut pas le risque de retomber dans un conflit mondial.




pacte germano-soviétique

Le 23 août 1939 est signé le Pacte germano-soviétique, accord de non-agression dont une clause secrète est le partage de la Pologne entre ces deux pays. Ainsi, Hitler peut désormais compter sur le soutien des Soviétiques. Cependant, la France et l'Angleterre perdent leurs illusions lorsque l'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939.Le 3 septembre 1939, l'Angleterre et la France entrent en guerre contre l'Allemagne.

soldats allemands à la frontière polonaise
Signature du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939

Alors que la Pologne s’efforce courageusement de résister à l’invasion allemande, elle est prise à revers par les Soviétiques. A l’Ouest, commandée par Maurice Gamelin, l'armée française prépare un assaut au niveau de la ligne Maginot. Jusqu'en mai, il ne se passe presque rien sur le front occidental : c'est la "drôle de guerre".

colone de panzer
Soldats allemands à la frontière polonaise

La Pologne prise, Hitler rassemble ses troupes pour lancer une grande offensive sur la France en passant par la Belgique et les Ardennes, réputées infranchissables pour une armée moderne. L'armée française est mal commandée, peu moderne : elle use des mêmes méthodes de combat qu'en 1918. Le Colonel de Gaulle proclame à plusieurs reprises son désir de moderniser les techniques de combat et la nécessité d'un corps de blindés dans son ouvrage Vers l'armée de métier ou encore dans son mémorandum intitulé L'avènement de la force mécanique. L'Allemagne quant à elle dispose de divisions blindées qui communiquent par radio et sont soutenues dans les airs par des chasseurs bombardiers.

convoi de prisonniers français
Colonne de panzers, mai 1940

Le 10 mai 1940 commence la Bataille de France ou encore la Blitzkrieg, surnommée ainsi pour sa rapidité. A Sedan, l'armée française est enfoncée. Une partie de l'armée alliée est encerclée par les forces allemandes et plus de 300 000 hommes sont pris au piège à Dunkerque.

fuite de civil des zones de combats
Convoi de prisonniers, 1940

La résistance française est acharnée mais la supériorité allemande demeure : De Gaulle et la 4e DCR parviennent à repousser momentanément les unités allemandes au niveau de Montcornet. L'armée allemande s'approche dangereusement de la capitale en faisant des centaines de milliers de morts et de prisonniers. C'est la "débâcle" de l'armée française. Face à cette invasion, 8 millions de Français s’enfuient dans un désordre indescriptible, sous le feu des avions allemands, pour rejoindre le sud encore inoccupé. Face à cet effondrement général de la France, sa population en reste en état de choc profond et alors que des millions de Français se résignent au discours du maréchal Pétain le 17 juin appelant à cesser le combat, d’autres en sont choqués, comme le souvient Germaine Tillion lors d’un témoignage oral, fin des années 1990 « Je suis sortie dans la rue pour vomir… tellement le choc a été brutal. »

défilé des soldats allemands devant l'arc de triomphe
Civils sur les routes 19 juin 1940

Le 14 juin, les Allemands entrent dans Paris. Philippe Pétain prend la tête du gouvernement le 16 juin et demande l'armistice le 17 juin. Il sera signé à Rethondes le 22 juin suivant. La France est vaincue. Mais comme le dira Charles De Gaulle : "La France a perdu une bataille mais elle n’a pas perdu la guerre."

Défilé des soldats allemand devant l'arc de triomphe 14 juin 1940