De l'occupation à la collaboration


Après l’offensive lancée contre la France par l’Allemagne nazie en mai-juin 1940, le maréchal Pétain est nommé Président du Conseil le 16 juin. Favorable à la signature d'un armistice, il le demande le 17 et le texte est signé le 22 juin à Rethondes, dans la forêt de Compiègne. La France y est coupée en deux parties. La zone Nord est alors occupée par l’Allemagne tandis que la zone Sud dite “zone libre” reste sous le contrôle d’un gouvernement français dirigé par le maréchal Pétain, après que celui-ci ait obtenu les pleins pouvoirs des parlementaires afin de rédiger une nouvelle constitution. Ainsi, le 10 juillet 1940 marque la fin de la IIIe République et le début de l'État français, surnommé “Régime de Vichy”.




Le maréchal Pétain serrant la main d'Hitler à Montoire-sur-le-Loire, le 24 octobre 1940

Ce nouveau régime instauré par le maréchal Pétain tourne autour de cette même personne qui concentre le pouvoir exécutif et législatif. Le régime réprime la société en enlevant la devise républicaine, le suffrage universel et les libertés fondamentales ainsi que les partis politiques et les syndicats. Au lieu de cela, le maréchal Pétain met en place la Révolution nationale, qui est un programme dont le but est de relever la France en accentuant le travail, la famille et la patrie, en s’appuyant notamment sur l'école, la paysannerie, l’artisanat et la légion des combattants (composée d'anciens combattants).

Carte de la France 2e Guerre mondiale
Le maréchal Pétain serrant la main d'Hitler à Montoire-sur-le-Loire, le 24 octobre 1940

Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire-sur-le-Loire afin de discuter et d’instaurer une politique de collaboration entre le régime de Vichy et le troisième Reich. Celle-ci est acceptée et ses modalités, en particulier économiques, sont négociées par Pierre Laval, le Président du Conseil. Le maréchal Pétain annonce sa décision lors d'un discours radiodiffusé 6 jours après, le 30 octobre 1940.

Couple de juifs portant l'étoile jaune
Carte de la France durant 2e Guerre mondiale

Ainsi, à partir de ce mois, l’Etat français de Pétain passe notamment des lois antisémites. En effet, il écarte les Juifs des fonctions de direction dans les domaines politique, culturel et médiatique et le port de l’etoile jaune devient obligatoire en 1941. De plus, le gouvernement devient encore plus profondément antisémite, en organisant notamment le 16 et 17 juillet 1942 la “Rafle du Vel’ d’hiv”, qui consiste en l'arrestation et la déportation de 13 000 juifs, dont 4 000 enfants. Des 300 000 juifs vivant en France au début de la guerre, environ 75 000 sont déportés mais seulement 2 500 reviendront.

Pierre Laval
Couple de juifs portant l'étoile jaune

Cependant, l'État français ne collabore pas seulement avec le troisième Reich du point de vue antisemite. En effet, il se durcit avec le temps, avec notamment le retour au pouvoir de Pierre Laval au printemps 1942, l’occupation par les Allemands de la zone libre, la création d’une police politique équivalente de la Gestapo allemande (la Milice) ainsi que la création du Service du Travail Obligatoire (STO) en février 1943. A cause de cela, le maréchal Pétain perd de la popularité, mais ses partisans sont encore assez nombreux, comme les acclamations de la foule parisienne en avril 1944 peuvent en témoigner.

Pierre Laval

En plus de cette collaboration politique du régime de Vichy, il y avait aussi une collaboration de personnes à titre individuel en raison d'idéologie fasciste. Finalement, il y avait une collaboration économique d'industriels et banquiers, ou des collaborations privées se sont formées (par exemple modèle allemand de concentration économique, cartels franco-allemands…).

De plus en plus de français ne se reconnaissent pas ou plus dans la voie que prend le régime de Vichy. Hostiles aux Allemands, ils deviennent également de plus en plus hostiles au chef de l’Etat. Certains entrent donc en résistance, en comprenant les risques qui s’y impliquent alors que d’autres refusent les lois collaboratrices imposées par le régime de Vichy, comme l'inspecteur général Gustave Monod qui refuse les premières lois antijuives.